La Coordination Romande pour la Formation de Base des Adultes : un réseau au service du terrain.

 

La création du réseau

 

Si la CRFBA, la Coordination romande pour la Formation de base des adultes, a été crée en 2006,  elle ne s’est établie sous sa forme actuelle d’association à but non-lucratif que 3 ans plus tard[1]. C’est Bernadette Morand-Aymon, alors fraîchement nommée au poste de directrice de la FSEA romande, qui a institué ce premier des deux réseaux romands[2].

La mission de la CRFBA était alors de fédérer les différentes institutions actives dans la formation de base des adultes, afin de représenter une force vers l’extérieur lors de prises de positions politiques, et également de promouvoir le partage de ressources, d’informations et de pratiques au sein du réseau.

La CRFBA a été très active dans ses prises de positions lors de l’élaboration de la nouvelle Loi sur la formation continue. Mais ses projets ont aussi été la création et le partage d’une base de données commune pour les ressources pédagogiques, l’élaboration d’une formation pour les formateurs dans le domaine de la formation de base et des journées de rencontres et d’échanges entre les membres.

 

[1] Les statuts ont été adoptés en séance plénière le 29 janvier 2010. Ils ont été signés par le président, Johnny Stroumza, le vice-président, Henri Desplos et par la directrice romande de la FSEA, Bernadette Morand-Aymon.

[2] Le deuxiéme réseau – Formation des formateurs – s’est constitué en association, sous l’appellation « Fédération romande des acteurs de la formation des formateurs d’adultes » (FRAFFA) en juin 2010.

Rôle et objectifs

 

A l’origine, trois objectifs principaux ont présidé à la mise sur pied de la CRFBA :

  • la nécessité de développer les contacts et échanges d’informations entre les institutions membres et le contexte régional et national (notamment grâce à la FSEA romande)
  • la volonté de renforcer ce secteur de formation vis-à-vis des autre secteurs et des autorités, par une coordination et une prise de parole collective (charte, consultation sur la nouvelle loi sur la formation continue…)
  • La possibilité de mettre en place des projets, jugés d’utilité générale sur le plan régional, qui ne peuvent être montés par des institutions prises isolément.

Si les deux premiers objectifs ont été rapidement atteints, le troisième a buté sur des difficultés organisationnelles et financières. L’absence de financement au niveau régional a conduit à rechercher, via la FSEA, un financement fédéral ou privé, par exemple pour un dispositif de formation des formateurs pour public faiblement qualifié (SECO) et la coordination des ressources (Fondation Schiller).

Mais la tâche de la CRFBA d’influencer et gérer les projets ainsi obtenus et coordonnés au niveau national par la FSEA s’est révélée plus délicate : manque de force organisationnelle et capacité insuffisante à mobiliser les institutions membres pour qu’elles lui en fournissent les moyens nécessaires.

La multiplication de projets nationaux (fide, GO2, Cadre national pour la formation des formateurs dans le domaine des compétences de base) et cantonaux (Genève/C9-modularisation de la formation de base des adultes), liée à la reconnaissance plus importante de ce secteur au niveau politique, et au vu de ses ressources limitées[3], ont obligé la CRFBA à se repositionner par rapport à ce troisième objectif.

La CRFBA était alors confronté à un choix : renforcer le réseau en termes politique, financier et organisationnel, ou renoncer à ce troisième objectif. Les membres de la plénière devaient donc choisir entre deux options, proposées par le comité :

  1. Rester essentiellement un réseau d’échange de pratiques et d’informations au niveau romand, en assurant la circulation de l’information et l’organisation-coordination de groupes de travail.
  2. En plus de sa fonction de réseau d’information-échanges, la CRFBA participe en son nom propre à des actions ou projets régionaux, nationaux, voire européens. Ainsi, la CRFBA délègue des représentants dans des groupes de travail ad hoc, nationaux, romands et prend position par rapport aux enjeux majeurs de la formation de base.

Le deuxième scénario impliquait un engagement accru du Comité, qui serait amené à coordonner beaucoup plus d’activités et à assumer plus de responsabilités que dans le premier scenario : il devait donc être renforcé de manière significative, en termes de représentativité (nombre de personnes, issues de divers cantons), de moyens financiers (cotisations, autres subventions), et de nombre de séances (au moins tous les 2 mois). Une présidence forte devenait indispensable.

Le Comité s’est prononcé pour le deuxième scénario, à condition d’être renforcé, et demande à la plénière de valider ce choix, ce qui a été fait le 30 avril 2013. Un nouveau président[4] du Comité est élu le 1 juillet de la même année et le travail de renforcement du comité et du réseau se poursuit.

 

[3] Les ressources financières de la CRFBA se limitaient aux cotisations des membres, fixées à l’époque à CHF 30 par an. En tant que membre de la CRFC, elle devait s’acquitter d’une cotisation annuelle de CHF 350 !

[4] Il s’agit de M. Chris Parson, chargé d’enseignement en formation des adultes à l’Université de Genève et membre du Bureau de direction de la Communauté d’Intérêt pour la Formation Elémentaire des Adultes (CIFEA) de 1997 à 2009.

Renforcement du réseau

 

Aujourd’hui en 2015, la CRFBA souhaite tout d’abord acquérir une visibilité, en s’agrandissant et acquérant plus de membres dans tous les cantons romands, et en se créant une identité claire,  avec des statuts modifiés, une nouvelle charte, un site internet, un meilleurs service d’information aux membres, l’organisation d’événements ainsi que la mise sur pied d’espaces interactifs pour faciliter les échanges.

Un des rôles de la CRFBA, demandé par ses membres, est d’effectuer une veille législative et politique, et de tenir un agenda des évènements dans le domaine de la formation de base. Ces tâches seront également facilitées par une présence de la CRFBA sur internet et avec les nouveaux outils de communication, qui fluidifient grandement la circulation d’informations.

L’objectif de fédérer les institutions actives dans la formation de base est bien sûr toujours autant vivant qu’il l’était lors de la fondation du réseau, et la CRFBA est toujours active pour représenter le réseau politiquement lors de prises de positions, par exemple au sein du comité de la Conférence romande pour la formation continue (CRFC), où elle est représenté par son président, et en tant que membre de la Commission romande de la FSEA.

Le partage des ressources du réseau est également toujours d’actualité. Si la mutualisation des ressources pédagogiques paraît difficile à concrétiser puisque les institutions font un travail de contextualisation de ces ressources au niveau local, le partage d’autres ressources (espaces de travail, bonnes pratiques, etc.) reste à l’ordre du jour et la CRFBA se penche sur le développement d’un outil adéquat pour que celui-ci puisse se faire de manière participative.

Dans le même esprit, la CRFBA organise des journées d’études et d’échanges, orientées sur des thèmes importants, avec l’apport d’intervenants extérieurs, où le partage des ressources du réseau peut se faire de manière formelle et informelle. Ces journées permettent à la CRFBA de réaliser un autre but lui tenant à cœur, qui est la capitalisation de toute l’expérience et l’expertise des acteurs du réseau.

Pour renforcer et stabiliser la coordination du réseau, la CRFBA a cherché ensemble avec la direction romande de la FSEA une forme de partenariat qui reconnait les rôles complémentaires des deux organisations et permet à la CRFBA de développer son autonomie et mieux répondre aux attentes de ses membres. A cette fin, une nouvelle convention de collaboration avec la FSEA a été rédigée à la satisfaction des deux partenaires. Celle-ci prévoie l’octroi d’un financement annuel sur deux ans, jusqu’à la fin de 2016, permettant l’engagement d’une coordinatrice de réseau et des ressources financière pour l’organisation d’événements ainsi que les frais liés aux activités de la coordination et du comité.

La nouvelle coordinatrice, Myriam Granges, a commencé son mandat le premier mai 2015 et a rapidement pris contact avec les membres pour mettre en œuvre le plan d’action adopté par la plénière pour cette année. Son engagement représente la concrétisation de la volonté de la CRFBA de devenir un réseau à l’écoute de ses membres et capable de porter leur voix et leurs projets plus loin. De belles perspectives à l’horizon !